Le Piano

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Son histoire

 

Créé au début du XVIIIe siècle par l’italien Bartolomeo Cristofori, à Florence, sous l’appellation de piano-forte, le piano naît de l’évolution d’un instrument appelé clavicorde (XVe siècle) et du tympanon (Moyen Âge).

La date de fabrication du premier piano-forte par Bartolomeo Cristofori est incertaine, mais un inventaire réalisé par ses employeurs, la famille Médicis, indique l’existence d’un instrument en 1698. Cristofori n’aura construit en tout qu’une vingtaine de piano-forte avant sa mort en 1731, et seuls trois d’entre eux sont parvenus jusqu’à nous, datés des années 1720.

Les premiers piano-forte ont particulièrement profité des siècles de travaux et de perfectionnements apportés au clavicorde, notamment par le raffinement des méthodes de construction des structures (en bois à cette époque), ainsi que celles de la conception de la table d’harmonie, du chevalet et du clavier. Cristofori était lui-même un facteur de clavicordes et de clavecins, bien au fait des techniques de fabrication de tels instruments et des connaissances théoriques associées à celles-ci.

La découverte fondamentale de Cristofori est la résolution d’un problème mécanique intrinsèque aux pianos : les marteaux doivent frapper les cordes mais cesser d’être en contact avec elles une fois frappées afin de ne pas étouffer le son ; ils doivent de plus retourner à leurs positions initiales sans rebondir violemment et ceci rapidement pour permettre aux notes d’être répétées à une vitesse satisfaisante.

Les premiers instruments du facteur italien étaient construits avec des cordes fines et pour cette raison beaucoup moins sonores que les clavicordes ou les clavecins de leur temps. En deux siècles on assistera à un renversement complet du concept d’instrument à cordes frappées : faible tension des cordes, corps sonore léger et audition de la table contre forte tension des cordes, corps sonore lourd et audition de la corde. Néanmoins, comparé au clavicorde, le piano forte amélioré permettait des nuances dynamiques et sonnait bien plus fort, avec une tenue de note plus longue.

Ce nouvel instrument restera peu connu jusqu’à ce qu’un écrivain italien, Scipione Maffei, écrive un article enthousiaste à son propos, y incluant un diagramme de ses mécanismes. Cet article fut distribué d’une manière très large, et la plupart des facteurs de piano-forte des générations suivantes mirent les découvertes de Cristofori en pratique après en avoir pris connaissance.

L’un de ces fabricants était Johann Gottfried Silbermann, connu comme facteur d’orgue. Les piano-forte de Silbermann étaient quasiment des copies conformes de ceux de Cristofori, à une exception importante près : ils possédaient l’ancêtre de la pédale forte, qui permet de relever en même temps tous les étouffoirs sur l’ensemble des cordes ; quasiment tous les pianos construits par la suite reprendront cette innovation. Silbermann montra à Bach l’un de ses premiers instruments dans les années 1730, mais ce dernier n’apprécia pas l’instrument, trouvant que les notes aiguës avaient un son trop faible pour permettre des dynamiques véritablement intéressantes. Si ces remarques lui valurent une certaine animosité de la part de Silbermann, il semble qu’elles furent prises en compte ; en effet, en 1747, Bach approuvera une version plus récente et perfectionnée de l’instrument.

La facture de piano-forte connut son essor durant la fin du XVIIIe siècle, avec le travail de l’école viennoise, comptant parmi ses membres Johann Andreas Stein et sa fille Nannette Stein ainsi qu’Anton Walter. Les pianos de style « viennois » étaient fabriqués sans cadre avec seulement un barrage en bois, deux cordes par note, et des marteaux recouverts de cuir. C’est pour des instruments de ce type que sont écrits les concertos et sonates de Mozart. Cet instrument avait un son plus doux et plus clair que celui des pianos modernes, et permettait aussi de tenir les notes plus longtemps.

Développement du piano-forte 

Durant la longue période s’étendant de 1790 à 1890, le piano-forte de l’époque classique va subir de très nombreux changements qui vont l’amener à sa forme actuelle de « piano moderne ». Cette évolution de l’instrument a été motivée par le besoin permanent des compositeurs et des pianistes d’un son plus puissant et de plus grandes possibilités expressives. Elle fut permise par la révolution industrielle en cours, qui mit à la disposition des facteurs de piano des procédés technologiques permettant de produire des cordes en acier de grande qualité et une plus grande précision d’usinage pour la production des cadres en fonte.

Au fur et à mesure de cette évolution, jouer du piano devint de plus en plus fatigant, la force nécessaire pour enfoncer les touches ainsi que la course nécessaire à l’enfoncement de celles-ci ayant augmenté. La tessiture du piano-forte augmenta elle aussi conséquemment, passant de 5 octaves à l’époque de Mozart aux 7 octaves 1/3 et parfois plus des pianos modernes.

Pendant la première partie de cette période, les progrès technologiques apportés au piano-forte durent beaucoup à la firme anglaise Broadwood qui avait alors déjà une grande réputation pour le son puissant et majestueux de ses clavecins. Au fil des années, les instruments produits par ce facteur devinrent plus grands, plus puissants, et construits de manière plus robuste. La firme, qui envoya ses instruments à Haydn et Beethoven, fut la première à construire des piano-forte avec une tessiture de plus de 5 octaves : 5 octaves 1/5 dans les années 1790, 6 octaves en 1810 (ce qui permit à Beethoven d’employer les notes ajoutées dans ses dernières œuvres) et 7 octaves en 1820. Les facteurs viennois suivirent aussi cette tendance mais ces deux écoles se distinguent néanmoins par des mécaniques différentes : celle de Broadwood était plus robuste, celle de l’école viennoise plus sensible.

Naissance du piano moderne 

 

Le Piano 300px-Piano_hansen

 

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Piano à queue Hansen

Au cours des années 1820, les firmes Erard (1780-1959) et Pleyel (Paris – 1807), développèrent l’instrument et se firent une concurrence stimulante. On sait que Chopin et Liszt, utilisaient leurs pianos. La firme Érard apporta certainement les innovations les plus importantes surtout du point de vue de la mécanique de l’instrument ; plusieurs centaines de brevets qu’elle a déposés en France et en Angleterre décrivant des améliorations importantes en témoignent. Ignace Pleyel, musicien, puis son fils, Camille, surent quant à eux s’entourer de chercheurs acousticiens et de scientifiques (Gustave Lyon, Auguste Wolf) pour développer de façon importante la sonorité, ils furent en effet les premiers en France à adopter le croisement des cordes et le cadre métallique d’une seule pièce, donnant à l’instrument plus de puissance tout en permettant l’utilisation de cordes plus longues. Pleyel fit par ailleurs construire à Paris la célèbre salle de concert portant son nom et implanta la première usine électrifiée, préfigurant les méthodes de production modernes. En 1821, Sébastien Érard inventa pour sa part le système à répétition, communément et improprement appelé double échappement, qui permet à une note d’être rejouée même si la touche n’est pas encore revenue à sa position initiale ; une innovation que les grands virtuoses sauront utiliser dans des compositions toujours plus difficiles et toujours plus rapides. Amélioré par Henri Herz vers 1840, le principe du double échappement devint finalement le mécanisme standard des pianos à queue, utilisé par tous les facteurs. Le déclin de la firme Erard fut en partie dû a sa volonté de conserver et de produire un instrument à cordes parallèles (ou obliques) dans lequel l’homogénéité du son est meilleure entre les basses et les médiums.

Source: Wikipédia

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